LECTURES à AVIGNON :

BANANAS de Julie TIMMERMAN

9 juillet au SACD à 10h30 

11 juillet à Présence PASTEUR à 10h30

Création septembre 2020

Texte et mise en scène : Julie Timmerman, avec Anne Cressent, Mathieu Desfemmes, Jean-Baptiste Verquin et Julie Timmerman dramaturgie Pauline Thimonnier - scénographie Charlotte Villermet - lumière Philippe Sazerat - musique Vincent Artaud - costumes Dominique Rocher - son Michel Head - production/diffusion Anne-Charlotte Lesquibe -administration Gingko Biloba

Minor Cooper Keith, conquistador des temps modernes, débarque au Costa Rica à la fin du XIXème siècle pour y bâtir le chemin de fer. Le monde s’ouvre à lui, la jungle ne lui résistera pas. Il plante des bananiers le long des rails pour nourrir ses ouvriers, mais se rend vite compte que le commerce des bananes est plus lucratif que celui du chemin de fer. Et il fonde la United Fruit Company, qui bénéficie de cadeaux fiscaux de la part des dictateurs de la région, et qui étend peu à peu ses tentacules sur toute l’Amérique centrale : Guatemala, Colombie, Nicaragua, Honduras, Panama, Cuba... La firme devient un Etat dans l’Etat, avec une main mise sur les ressources et les infrastructures des pays, sur la terre, qu’elle engorge de ses poisons, et sur les Hommes. Avec sa flotte privée, elle met en place un commerce mafieux : les bateaux montent des bananes aux Etats-Unis et redescendent des armes. Minor tient ses employés en état de servitude, en les payant en bons d’achat valables uniquement dans ses propres magasins. Les indiens courbent l’échine, comme Miguel, paysan qui réclame justice devant un tribunal vendu aux grands propriétaires terriens ; comme Rosaria, violée par les miliciens de la firme ; comme Soledad, qui invente des contes pour consoler son petit frère métis, fruit de ce viol. Mais un jour, au Guatemala, la révolte populaire renverse le dictateur et élit un socialiste. Une armée rebelle est constituée avec l’aide de la CIA, et à l’instigation de Sam Zemurray, digne héritier du fondateur de la firme. Le président élu est renversé. L’actualité nous montre que la pieuvre renaît perpétuellement de ses cendres. « Le ventre n’est pas mort d’où est sortie la bête immonde », dit Brecht.

Bananas est une fresque tragi-comique qui mêle personnages historiques et fictionnels, où la petite histoire raconte la grande ; une épopée aux airs de western et de film d’espionnage, avec indiens rebelles et agents de la CIA véreux, qui, avec ironie et mordant, dénonce l’entreprise mortifère des multinationales, le pouvoir des lobbys, et évoque les violences du passé pour éclairer les violences du présent.

Soutiens (dossiers en cours de constitution) - Drac, Adami, Spedidam, Ville de Paris, CD94, CD91 - Coproductions, résidences et pré-achats (en cours) - La Grange Dîmière/Fresnes, Théâtre des 2 Rives/Charenton, Fontenay en Scènes/Fontenay-sous-Bois, Centre Culturel d’Orly, Théâtre Jean Arp/Clamart, Théâtre André Malraux/Rueil-Malmaison, L’Atalante/Mitry-Mory, Scène conventionnée d’Homécourt, Espace culturel Boris Vian/Les Ulis, ECAM/Le Kremlin-Bicêtre dans le cadre des Théâtrales Charles Dullin, Lilas en scène, Comédie de Picardie, Théâtre des Ilets/CDN de Montluçon, Théâtre Antoine Vitez d’Ivry, Carré Bellefeuille/BoulogneBillancourt, Centre culture Baschet/St-Michel-sur-Orge - Exploitation parisienne envisagée - Théâtre du RondPoint, Théâtre de la Reine Blanche ou Théâtre de la Tempête

 

Ma forêt fantôme de la Compagnie L'ARCADE

13 Juillet au SACD à 16h 

Création 2020

Texte : Denis Lachaud - Mise en scène Vincent DUSSART - la Compagnie L'ARCADE

Jean et Suzanne sont frère et soeur.
Deux morts ne cessent d’être présents dans leur mémoire : Paul, le mari de Suzanne, dont elle apprend à faire son deuil et qui vient de mourir de la maladie d’Alzheimer, et Nicolas, le compagnon de Jean, mort du sida quelques années plus tôt, au milieu d’une interminable liste de disparus. Fraternellement, quotidiennement, Suzanne et Jean s’épaulent, entre pudeur et maladresse.
Avec Ma Forêt fantôme, on se penche sur les années sida, les vingt premières années de cette épidémie qui a marqué durablement l’histoire de nos sociétés, de nos représentations et de nos imaginaires. Quelles sont les traces laissées par cette pandémie dans la mémoire collective ? Si les millions de morts ont souvent et longtemps été ignorés, c’est probablement parce qu’il reste impossible de donner un sens à ce carnage. La forêt fantôme des êtres disparus durant les années sida ne cesse de hanter les survivants de cette génération. Et parce que cette forêt est aussi la nôtre, il s’agit donc d’affronter le deuil, individuel et collectif, et de travailler la mémoire toujours vive de cette histoire. Les 25 millions de morts dus au VIH n’en demeurent pas moins les arbres d’une forêt qui est aussi la leur. Dans le même temps, l’imaginaire des mêmes sociétés vieillissantes se confronte aujourd’hui à une banalisation de la maladie d’Alzheimer, qui touche près de 20% des plus de soixante-quinze ans aujourd’hui en France.

La Compagnie de l’Arcade bénéficie du soutien du Ministère de la Culture et de la Communication/DRAC Hauts-de-France, au titre de l'aide à la compagnie conventionnée.